dimanche 8 octobre 2017

1236 - Christine Angot

Elle édifie des pyramides de papier avec des flots de mots mêlés de ses flux menstruels, construit des cathédrales de vent à grands coups de projecteurs contre sa face décatie, érige des montagnes de rien à la gloire du sommet de son nombril.

Christine Angot n’est pas une farce, c’est une dinde sérieuse. Ou plutôt, Angot est une dingo qui ne rigole jamais. 

Cette plume de plomb prend de haut tout ce que nous voyons de bas. Et tente de faire briller ce que nous nommons ennui, platitude, vide. Et que nous renommons Ennui, Platitude, Vide après l’avoir écoutée. C’est une virtuose de l’artifice qui jongle avec des bulles de néant et des balles à blanc pour un public de pigeons.

Christine Angot écrit, c’est vrai. Elle écrit beaucoup. Pour elle, pour ses livres, pour l’oubli. Elle est l’incarnation vivante des lettres mornes, mort-nées. Et monnayées. La personnification verbeuse de l’herbe sèche de la littérature vague. Mais en vogue.

Angot monte partout et se répand dans les sphères les plus feutrées du parisianisme triomphant : cette sacrée “fumelle” est aussi une sacrée fumée !

Elle endort les amorphes, fait tousser les allergiques. C’est que son cigare à l'allure d'une cafetière...

Et même jusqu’ici elle empeste l’air de son insignifiance “plumistique” et immense vacuité féminine.

Me voilà bien acerbe, il est vrai, au sujet des oeuvres de Christine Angot !

Preuves de ma sincérité et de la force du creux dont je parle : je n’ai lu aucune page de ses trous sans fond.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=6uyzFBm_CQ0&feature=youtu.be

vendredi 29 septembre 2017

1235 - Que devient la femme à cinquante ans ?

L'horreur pour toute femme, c'est la flétrissure.

Ne plus voir que la misère dans son miroir, au lieu de la fleur de jadis.

C’est à la cinquantaine que se produit pour elle ce choc crucial. 

A cet âge le soleil devient gouffre, la rose exhale la puanteur, l’ange grimace. Alors il est l’heure pour la femme de renoncer.

Vénus se couvre d’abjection : le voile de la vieillesse, de la laideur et de l’infamie se dépose sur la déchue. C’est la toile qui se referme sur l’araignée.

Ses rides font la loi, les humeurs corrompues de sa chair avariées la dominent, les signes de sa mort effacent toute fraîcheur, toute gloire, tout espoir.

Le charme, l’élégance, la beauté d’antan font place à une nature morte. Flasque, répugnante, malodorante. Un tableau sinistre, féroce, morbide.

Pénible à voir car générant le malaise.
Comme un ricanement de la nature à l’égard de ce qui fut vanité, illusion, frivolité !

La femme de cinquante ans est difformité en marche vers la ruine. Ses reflets dans la glace sont des crachats, des injures, des malédictions reçus en pleine poire !

Désormais tout est à cacher : son visage est objet de honte, ses appas décrépitude, ses baisers fétidité ! L’Eve radieuse n’est plus que sombre sorcière.

Et quand à cet âge elle se maquille, croyant pouvoir masquer l’ordure sous le fard, alors elle se change en vieille poupée ridicule. C’est à dire en lait tourné, en nectar rance, en vin vomitif.

Hier papillon, aujourd’hui hideur incarnée, a cinquante ans l’amante se transforme en charogne.

Bref la quinquagénaire, tels le cygne devenu guenon, la libellule limace, la jeunette géronte, se mue en répulsif universel.

En ce qui concerne l’homme, que ce soit à cinquante, soixante, soixante dix-ans, il se bonifie, s’embellit, s’ennoblit, prend de la hauteur, de la valeur et de la consistance avec les ans, attirant naturellement à lui tendrons émus et autres donzelles en mal d’amour. 

Mais là c’est une toute autre histoire...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=bEavFqfIYF0&feature=youtu.be

jeudi 21 septembre 2017

1234 - Des anges

Une mauvaise fièvre brûlait mon front, tandis que je marchais dans l’air frais de l’automne. La ville était sombre, laide, sale.

Je me hâtais vers mon foyer sous l’ombre immense d’un ciel décidément bas.

Ce jour de septembre semblait sans lendemain, sans joie, sans espoir.

M’éloignant de la cité moderne froide et vulgaire pour rentrer chez moi, j’arrivai bientôt aux abords de la cathédrale. Je m’engageai dans la rue bordant ses hauts murs, rassuré par la proximité de ces pierres augustes et pleines de sens contrastant avec les artifices déprimants des quartiers commerçants que je venais de traverser, plus bas.

Les apparences du monde autour de moi se montraient bien pesantes en cet instant de ma vie mais je n’y prêtais pas tant d’attention à la vérité car mon âme elle, demeurait aérienne, détachée de la matière, loin du sol.

Seules les hauteurs m’importaient, les lourdeurs temporelles me laissant indifférent, à vrai dire.

Instinctivement je levai le regard vers la cime de l’édifice. Fut-ce l’effet de ce feu viral en moi, de cette grippe qui enflammait mes tempes, je ne saurais le dire, mais je vis une chose extraordinaire.

Un spectacle irréel.

Des anges par dizaines se mirent à dévaler le toit de la cathédrale ! De toutes parts ils débouchaient inexplicablement de son sommet ! Je pensais, dans mon rêve éveillé ou mon délire, qu’ils étaient des dédoublements subtils des statues à l’intérieur et qu’ils traversaient ainsi le toit de la cathédrale... Ils planaient, certains à vive allure telles des hirondelles, d’autres plus lentement comme s’ils marchaient sur les tuiles. Ils émergeaient de la toiture pour venir se poser à terre ou juste frôler les pavés puis retourner dans la cathédrale par la grande porte, soit à pas lestes soit à tire d’ailes !

Ce ballet d’anges, à la fois vifs, espiègles et majestueux, ressemblait à une volée d’enfants bruyants et rieurs qui aurait surgie de nulle part en pleine journée de deuil !

Une chose me marqua particulièrement dans cette “rafale d’anges’ : leur vol, leurs allures, leur gestuelle étaient d’une élégance, d’une délicatesse indicibles. On aurait dit des peintures italiennes animées. Chacun de leur mouvement était une oeuvre d’art inouïe. J’en fus même gêné, comme un excès de maniérisme en eux qui les rendaient peu naturels. Mais je comprenais en les voyant évoluer ainsi que c’était là leur nature.

Une grâce infinie et une joie communicative émanaient de ces êtres surnaturels qui descendaient de la cathédrale...

Après les avoir vu tous rentrer dans la vaste église aussi spontanément qu’ils en étaient apparemment sortis, peut-être pour aller réintégrer leur double de pierre, je continuai mon chemin, pensif, incrédule.

Effets de la fièvre ou réalité ?

Je me retournais : je vis le monument silencieux, le ciel toujours plein d’ombre, les pavés gris et humides.

Je passai la main sur mon front embrasé, conscient de mon état fébrile, de mon incertitude, de l’heure vespérale, bien décidé d’aller vous raconter cette histoire...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=MhBKoX6DjIQ&feature=youtu.be

jeudi 14 septembre 2017

1233 - Farrah Fawcett, entre ciel et champs

Quand je vois la face galactique de Farrah FAWCETT, des nuages gris embrument mon esprit et il pleut des chants de corbeaux dans ma tête.

Des corbeaux à l’oeil pensif, au bec subtil, à la plume lumineuse...

Et à l’aile leste.

De grands oiseaux blonds qui planent au-dessus d’une olympe de verdure trempée par des averses glacées.

Le visage de cette planète étrange que fut Farrah FAWCETT me fait penser aux rivages d’une éternité rêvée mais peut-être vraie, aux sables réels des mers de l’Univers, aux horizons solaires des songes les plus lointains... Comme une porte d’entrée vers l’immense, avec un léger détour du côté de chez Marcel, le patron du bistrot du coin.

Là où la bière est bonne, bien houblonnée.

La blonde, l’enivrante, la brillante.

Cette femme aux nues oniriques se reflète au fond de mon verre qui, dit à l’envers, se confond avec le rêve. Et après quelques gorgées, balbutiant, désorienté, je ne sais plus où est le bas, où est le haut, et je vole entre deux eaux, déjà trop plein de jus de lumière pour penser droit...

Bref, une fois sorti de chez Marcel, je marche dans la rue sur deux pieds dansants et je vois de la Farrah Fawcett partout ! Et la connexion avec le firmament se refait aussitôt.

Et je bois les étoiles à l’infini, insatiable, assoiffé de leur beauté, ivre de leur éclat, heureux de leur présence, et j’entends en même temps le cri mystérieux des corbeaux dans le lointain, quelque part dans des champs pleins de brume...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=PggvTM1rW3k

http://farrah-fawcett.blogspot.fr/2017/09/30-farrah-fawcett-entre-ciel-et-champs_14.html

lundi 28 août 2017

1232 - Femmes, votre ventre ne vous appartient pas !

Femmes, le don de vie est une bénédiction, un miracle, une sainteté.

Votre ventre n’est pas un jouet que vous pouvez casser, pas un objet de caprice pour écervelées en mal de rupture génésique, pas un sujet de contestation pour hystériques en rébellion contre leur propre nature !

Votre utérus est un cadeau du Ciel, la propriété exclusive de l’Humanité, le jardin privé de la Conscience Universelle, vous n’y êtes pour rien là-dedans.

Dés lors que vos ovaires sont fécondés, vous n’avez plus votre mot à dire : vous entrez dans l’Histoire de la Création et vous la fermez !

Que cela vous plaise ou non, et surtout si cela vous déplaît au possible vous les dégénérées qui parlez de liberté en brandissant l’étendard de l’infanticide, votre matrice est l’autel inviolable des patriarches qui vous dominent, le sanctuaire définitif des êtres supérieurs qui font respecter les lois éternelles.

Mauvaises mères qui méprisez l’infini germant en vous, laissez les sages légiférer sur vos fruits en gestation afin de les protéger jusqu’à leur éclosion contre vos folies assassines !

Non, vos flancs ne vous appartiennent pas.

Non votre liberté ne consiste pas à réduire la lumière à l’ordure, à profaner vos embryons, à cracher sur les fleurs du monde, elle se résume juste à enfanter dans la douleur et la joie !

Voilà qui est dit et bien dit, une bonne fois pour toutes. Et rien ni personne ne pourra contredire une vérité aussi glorieuse.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/badf32add4c6af44f63a38d6a997623b/

http://www.dailymotion.com/video/x5yi5vo

https://www.youtube.com/watch?v=ThSy4CVg8jQ&feature=youtu.be

vendredi 25 août 2017

1231 - Départ sans retour

Les silhouettes autour du macchabée forment une escorte irréelle. Vêtus de blanc, les vivants accompagnent le défunt avec sérénité.

Sanglé sur sa civière, le cadavre est baigné dans le Gange avant d’être déposé sur le bûcher..

Les flammes peu à peu éloignent les brumes du matin, le corps se consume, le soleil monte dans le ciel.

Bientôt les bruits de la ville atteignent le bord de la rive : cris vulgaires des humains et tapages de leur industrie misérable se mêlent aux beuglements des quadrupèdes... Des touristes occidentaux frissonnent de cette crasse, de cette crudité, de ce choc.

Une grande paix s’installe en ce lieu ultime et la beauté règne dans cette dépouille qui continue de se dissoudre au milieu des détritus et des restes de cendres d’autres trépassés.

Au bout de trois heures tout est parti en fumée, a été rendu à a poussière, transformé en lumière.

D’autres candidats à la crémation arrivent déjà, des brancards chargés de morts attendent leur tour parmi de nombreux foyers à divers stades de combustion.

Ainsi en va-t-il des jours et des hommes dans cette cité vieille comme le monde.

Mourir à Bénarès, porte du Ciel, afin d’échapper à la roue des retours. S'éteindre là-bas, vrai privilège, pour s’élever et ne plus retourner sur Terre.

lundi 14 août 2017

1230 - Je suis fier d'être blanc

Après la fracassante fierté noire, la tonitruante fierté gay, l’exigeante fierté transexuelle, l’exotique fierté peule, l’urgente fierté indienne, la religieuse fierté musulmane, la consensuelle fierté juive, toutes auréolées d’honorabilité, drapées de légitimité, avides de reconnaissance officielle et de représentation politique, idéologique, sociale, culturelle, cinématographique, publicitaire, fiertés autorisées devant lesquelles l’occidental hétérosexuel-traditionnel doit impérativement s’incliner avec respect et soumission, voici ma toute simple fierté blanche !

Je suis fier d’être blanc, honoré d’être né dans la neige éternelle, enchanté de baigner dans une eau claire.

Pour sceau céleste, j’ai même deux doigts d’azur dans les veines ! Par cette empreinte de pas pur sur ma peau, me voici bien paré. Mais cette phrase-là, alambiquée et ambiguë, c’est quand même pour me moquer des “panthères noires” et autres bestioles vindicatives pas très nettes qui cherchent à noircir bien des tableaux ...

Redevenons sérieux.

J’ai l’insolence des astres qui éclatent de bonheur et rayonnent de beauté, la majesté des montagnes aux monts inviolés, la dignité des mages en toges.

Grandi par la particule de soleil que je porte, j’avance plein de force et d’assurance.

Les injures racistes en brûlant contre moi ajoutent de la lumière à ma lumière et je brille encore plus.

J’ai reçu un héritage de clarté, je transmets un sang de cristal, rêve d’un avenir de gloire.

Mon front éclaire ainsi qu’un cierge, mes bras ouvrent des chemins lumineux, mon doigt désigne la Voie Lactée : je suis Blanc et veux le rester.

Je dois préserver cette onde opaline que de sombres volontés voudraient teinter de mensonges, être digne du firmament auquel je m’identifie, ne pas rougir de cette face lunaire que Dieu m’a donnée.

Frères blancs, vous êtes beaux comme les nuages et vos âmes sont aussi légères que les flocons qui en sortent, vos idées sont profondes et durables tels des sommets immémoriaux, vous êtes pareils aux matins radieux se levant sur des mondes prometteurs, semblables aux étoiles qui jamais ne s’éteignent au-dessus des vérités éternelles...

Blanc et fier de l’être, est-ce un si grand crime sur cette planète de richesses humaines, dans ce cortège de peuples admirés et de couleurs revendiquées ?

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/46ff971be07b77b84dd58d11cf5d67e2/

https://www.youtube.com/watch?v=rm5PfP_g5w8&feature=youtu.be


jeudi 3 août 2017

1229 - Le bonheur

Le bonheur, on peut le toucher du bout des doigts, le saisir à pleines mains, le respirer naturellement : il est à portée de vue, juste sous nos pieds, au-dessus de nos têtes, là tout près, à nos côtés, autour de chacun de nous.

Aussi simple et accessible qu’une eau claire.

Le bonheur c’est se lever sur une aube radieuse, flâner dans un jardin, marcher vers le Soleil l’âme mise en appétit par les parfums de la vie, sentir des lendemains lumineux, le coeur chargé de promesses d’amour.

Avec en plus, ce pressentiment d’infini...

Le bonheur c’est avoir le pas léger, les pensées comme de l’azur, l’humeur aussi rieuse qu’un champ de fleurs. C’est éprouver un sentiment de plénitude pour tout ce qui naît sous les cieux. De la bienveillance envers chaque être, chaque chose, chaque phénomène perçus comme autant de miracles. Une béatitude aussi familière qu’un pain quotidien.

Le bonheur c’est un moment de grâce qu’on n’oublie jamais, rien qu’une minute sublime, lorsqu’un chant de messe est si beau qu’il transfigure le visage de l’interprète et lui donne un air angélique, le temps d’un souffle.

Le bonheur c’est la joie intime de deux oiseaux unis qui se partagent la branche d’un arbre.

Le bonheur est dans l’arbre, il est dans le bec de ces deux-là qui s’aiment, il est dans ce présent et dans cet éveil, et plus bas sous leurs yeux il est dans les rides d’argent de la rivière qui coule et dans le sable éternel qui gît au fond. Il est au bord de la rive et au bout de toute parcelle de ce qui est. C’est un baiser de lumière qu’il suffit de recevoir sans autre façon, car le bonheur est très proche de nos lèvres. Il est aussi bien sous notre toit, à deux pas de là que sur le chemin qui mène aux étoiles.

Le bonheur est un vent frais qui entre en nous pour y faire résonner la poésie de l’Univers, y laisser une indélébile empreinte d’allégresse.

Le bonheur enfin c’est avoir conscience du mystère de la Création, et après le vertige et l’angoisse face à l’inexplicable, se laisser emporter par les ailes du Cosmos, confiant dans l’invisible.

Le bonheur c’est simplement ça, rien que ça, tout ça.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=VHYYtmjtHkc

http://www.dailymotion.com/video/x5wfizn

mercredi 5 juillet 2017

1228 - L'homme au-dessus de la ville

Dans les rues de New York celui qui chante les hauteurs regarde les sommets. Il marche comme s'il volait. Conscient de ses ailes comme de sa fragilité. Il se sait glorieux, même s’il peut mourir demain.

En quoi croit-il, ce mortel épris de ciel ?

La ville sous ses pieds, les nues dans son champ de vision, les hommes autour de lui, il nous adresse des paroles d’éternité.

Tout passe, tout est éphémère, tout se réduira en poussière même le béton, rien ne dure et lui, demain, il sera loin. Mort, à coup sûr. Tout s’effondre, tout s’envole, tout part pour l’inconnu, rien ne demeure. Pas même les montagnes.

Il rêve, il crie, il appelle, les siècles l’écoutent. Et moi j’entends sa prière.

Bientôt il sera mort, le le sais, je le sens, et lui se voit déjà dans les airs.

Son infini est proche, lui si détaché du sol, si près de l’éther, si sûr de sa lumière...

L’immortalité à portée de sa main.

Son voyage a déjà commencé.

Il plane dans le vent, s’évanouit dans l’azur, brille comme le soleil.

Il est là, il est ailleurs, son image s’est perdue dans les brumes de la cité, les nuages nous le disent.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/a2a81590c98b8c27337797757c63ffac/

http://www.dailymotion.com/video/x5sm663

samedi 24 juin 2017

1227 - Belle comme le brouillard

Ce qu'elle est, je l'ai déjà dit cent fois et cela se situe invariablement dans l’azur, au zénith et bien plus haut encore.

Mais décrire brièvement ce qu’elle n’est vraiment pas, voilà qui vous donnera une idée de ce qu’elle est réellement !

Elle est fort loin de la soupière, aux antipodes des artichauts, à l’opposé des arrosoirs. Elle n’est à l’image ni d’une marmite remplie de sauce tomate qui mijote dans la chaumière ni la figure d’un bocal de confiture aux allures de “vieille France”. Encore moins d’un pot de chambre. Elle n’est pas non plus un dimanche de sous-préfecture de la Creuse en plein été, pas plus une plage de sable de mortel ennui, et surtout pas un paysage tranquille de fleurs pleines de torpeur !

Elle est bien mieux que ces imbéciles pesanteurs qui comblent le coeur flasque des escargots indolents.

Alors revenons à ce qu’elle est manifestement.

Elle est l’illustration parfaite de ce qui échappe à l’attraction terrestre, de ce qui plane dans les sommets, de ce qui s’évapore entre Lune et aurore, de ce qui reste entre neige et rêve.

Bref, elle est tout le contraire de la pensée lourde.

Farrah Fawcett m’en met plein la vue ! Et moi, austère esthète enchaîné à l’éclat des étoiles, je gèle de ravissement face à ce cristal, à ce diamant, à cet iceberg.

Cet astre glacé qui ne chie que de la lumière me rend givré.

J’associe la beauté séraphique de Farrah Fawcett à l’idée de gouttières débordantes de flotte céleste, de toits ruisselants des pluies d’avril, de sillons trempés d’averses pré-printanières, de flaques d’eau argentées reflétant le ciel et ses nuages. Cette femme s’apparente aux tempêtes aqueuses des fins d’hiver, aux bourrasques rafraîchissantes des mois de labours, aux flots aériens qui noient la terre d’espoir pour y faire germer des betteraves.

Elle est comme un souffle de blancheur qui entretient la banquise dans son éternelle pureté : son essence c’est l’onde brute alliée au sucre raffiné, les parfums du matin mêlés de brumes, l’écume de l’océan sous le firmament.

Ange aux ailes de silex, Farrah Fawcett est un soleil nivéen, une lune congelée, un froid lumineux, une idée du Beau très au-delà des références humaines.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/6b89d1275ab01a41e84d1b4df38d9a4d/

http://www.dailymotion.com/video/x5sptfv

lundi 19 juin 2017

1226 - Une marche lumineuse

Je marchais sous un vent de feu.

Dans le ciel, de la poussière. Dans ma tête, de l’azur. Sous ma semelle, du goudron fondu.

Mes pensées étaient fraîches et légères. Et dans l’air chaud, je marchais, marchais... Et dans le jour embrasé, je marchais, marchais... Et sur cette route sans ombre, je marchais, marchais...

Je cheminais le front au soleil, le coeur plongé dans une onde apaisante. Ma peau était brûlante, ma gorge sèche, mes muscles fatigués. Mais mon esprit voguait ailleurs.

J’avais faim, j’avais soif, je cherchais le repos, l’ondée, et pourtant je marchais comme si je volais, de plus en plus insensible à la fournaise.

Ma chair était là mais mon âme était loin, perdue dans des sommets enneigés.

Je visais l’écume, le cristal, le bleu.

Et je voyais sa face pleine de clarté.

Elle, l’étoile. Elle la femme aux yeux aériens, aux lèvres galactiques, elle la pharamineuse facette de cet Univers créé à l’image de Dieu...

Morte depuis tant d'années.

J’allongeais le pas sous un vent de feu. Arrivé devant sa tombe, épuisé, conscient de ses os, seul devant ses restes, je me désaltérai de son image.

samedi 3 juin 2017

1225 - Fille de rêve

Elle avait les yeux globuleux, les lèvres gercées, les ongles acérés et son coeur était pourri.

Je lui adressai un regard sarcastique et morbide qui en disait long sur mes libidineuses intentions à son sujet...

La femelle apparition, belle comme une sorcière, aussi intelligente que méchante, laidement accoutrée, s’ouvrit telle une tombe à la vue de ma face de rat..

J’étais mort de bonheur !

Avec son inélégance macabre, ses airs de cadavre lourdement endimanché et ses sourires de grande blonde pas charmante du tout, elle sut me séduire non seulement par son esthétique crapuleuse mais encore par sa poésie sépulcrale...

Dans ses bras je découvris la joie d’être deux et de ne faire plus qu’une seule ordure. L’alliance de la charogne et du crapaud, la danse du cafard entre les pattes du crabe, le chant de la mort à la Lune dans la nuit...

C’était ma première rocaille amoureuse, mon plus cher feu névrotique, l’unique brûlure de ma vie. Moi j’étais sa plus affreuse conquête, sa glorieuse misère, son ignoble chéri. Ensemble, nous formions une porcherie incendiaire : nous nous aimions comme deux horribles enfants capricieux et égoïstes, cruels et gourmands, sales et bruyants.

Elle le furoncle, moi le vitriol.

Nos baisers avaient le goût de la peste, la douceur de l’amende amère, les promesses du givre, la senteur des marais et le mystère du cri de la chouette dans la forêt...

C’est au jour de son décès que j’appris son nom.

Elle s’appelait Cauchemar.

Et c’est à ce moment précis que je me suis réveillé, sous un soleil printanier.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/64666def002de33d84f92edf60db7cfa/

http://www.dailymotion.com/video/x5p68cd

jeudi 1 juin 2017

1224 - Les vrais pauvres

Les véritables pauvres ne sont pas ceux que vous croyez.

Moi je parle des vrais indigents, des authentiques gueux qui touchent le fond : les gens déshérités de l’intérieur, ceux qui sont réellement à plaindre en profondeur et non en surface.

Ces humains dans le dénuement, ce sont ces chiens perdus qui n’ont rien, ceux qui n‘ont aucun bien, qui ne possèdent rien ayant de la valeur et je les appelle des misérables.

Leur ventre est pourri.

Parfois ils peuvent briller par leurs vêtements, leurs diplômes, leur renommée, leur uniforme, mais ils puent en dedans.

Je ne parle pas d’argent ici, je parle d’une chose bien plus essentielle : l’âme.

Le loqueteux, c’est l’irresponsable qui génère les souffrances des animaux en croyant bien faire. Le malheureux, c’est le policier d’un de ces pays de terreur qui à l’abri des regards, sûr de son impunité, torture les prisonniers au nom de sa cruauté.

Le lépreux c’est, en France comme ailleurs, le fabriquant d’armes, honnête pourvoyeur d’emplois sur le marché prometteur de la mort, prospérant sur les haines du monde, érigeant sa fortune sur la ruine des belligérants...

Vérifiable chaque jour dans notre pays, le pouilleux c’est encore le pervers délivré de ses tabous qui pense que ses euros-rois alliés au “vent de contestation libertaire”  lui donnent le droit d’acheter l’innocence des enfants de Manille. Mais le démuni c’est aussi ce gauchiste “progressiste” cherchant à blanchir les esprits sombres de ses frères “d’aventure moderne”, coupables “d’amour”...

Parce que le piteux, oui, c’est celui qui appelle “amour” la perversion pédophile, la déviance homosexuelle, la turpitude du siècle...

Le pitoyable c’est également ce déraciné parlant de liberté, de féminisme, de modernité, qui tourne en dérision le mariage, la famille, l’éducation hétérosexuelle, la rigueur morale...

Bref, les vrais pauvres sont ces endormis du quotidien ne voyant ni le bien ni le mal qu’ils font.

Mais surtout, ce sont ces adeptes du mensonge et de l’injustice qui eux ont les yeux bien ouverts.

Trop conscients qu’ils sont d’avoir, pour seule bible, leurs plaisirs tantôt de chiots minables, tantôt de loups féroces.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=2pYCzdYsbb4

http://www.dailymotion.com/video/x5t4lup_les-vrais-pauvres-raphael-zacharie-de-izarra_school

vendredi 26 mai 2017

1223 - Peuples de la Terre

Tous les peuples sont beaux, tous les peuples sont dignes, tous les peuples sont grands.

Le Soleil se lève sur leurs chants, brille dans leurs yeux, se couche sur leurs oeuvres.


Et le clair de lune -qui dans le secret de la nuit rend les hommes authentiques- donne aux peaux multiples la couleur unique du sel et du sucre, de la vie et de la mort, des larmes et de l’amour.


Des pygmées lointains aux géants des mythes oubliés, des hôtes des neiges aux conquérants des sommets, des nomades les plus crasseux jusqu’aux princes des sables, tous regardent vers le ciel.


Les rêves de toutes les races sont les rêves des dieux.


Les ethnies qui entre elles échangent mais ne se mélangent pas demeurent en paix : leur force et leur richesse ne sont pas dans leur fusion mais dans la préservation farouche de leurs différences. La gloire de ces sangs étrangers est non pas dans leurs ressemblances mais dans ce qui les distingue.


Chaque souche a son âme, chaque espèce ses fruits, chaque forêt ses légendes, chaque royaume ses astres.


L’orgueil des branches humaines n’est pas dans leur uniformité mais dans leur singularité : l’habitant de la Mongolie ne goûterait guère au breuvage du danois et le touareg du désert perdrait sa fierté à échanger sa tente contre une chaumière normande...


Si j’estime que l’autre est mon reflet, je ne vois plus l’autre. Et je nie son essence.


Mais si j’admets qu’hors de ma frontière il est noir tandis que je suis blanc, que sa tradition est faite de bois et que la mienne est faite de pierre, qu’il blanchit sa terre et que je fleuris mon jardin, qu’il mange son miel et que je bois mon vin, bref qu’il est mon contraire, alors je le regarde comme un frère de la Terre et non comme un pion, un clone, un être insipide et interchangeable.


L’or des uns, la rudesse de certains, l’intelligence de ceux-là, la simplicité de ceux-ci, l’âpreté des primitifs, le raffinement des civilisés, voilà ce qui donne sa saveur à l'Univers !


En un mot l’étrangeté des fleurs fait la lumière du monde.


VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/6751663264a189406a2dd1d9746a20e8/

https://www.youtube.com/watch?v=TizlCfueQmw

http://www.dailymotion.com/video/x5p9qak_peuples-de-la-terre-raphael-zacharie-de-izarra_travel

mercredi 24 mai 2017

1222 - Cadavre

Il a la face maquillée de givre, la tête lourde, le coeur vide, les veines blanches.

Et ses mains de pierre étreignent le néant.

Etendu sur son lit, figé dans son  sommeil de mort, il rêve de marbre.

Il a l’air un brin solennel. Austère. Immobile. Pensif.

Il médite, les pensées creuses, sans plus d’haleine, l’âme ailleurs.

Le plafond est au-dessus de lui, la chandelle à son chevet, ses amis à ses côtés. Et le cimetière à ses pieds, un peu plus loin, un peu plus bas.

Il attend.

Dans la solitude de son trépas.

Il dort.

Plein de mystère et de silence.

Il gît.

Sans un bruit, sans faire d’ombre, il est là sans être là.

Comme un astre éteint.

Il repose dans la pièce, enveloppé de froid, plongé dans la nuit, parti vers l’inconnu, abandonné à l’infini.

samedi 13 mai 2017

1221 - La marche de Macron

Parce que  j'ai le sens de la grandeur et que je sais la reconnaître et la célébrer, même chez mes adversaires...

Il marche, impérial.

Le front serein, l’aspect illustre, le pied alerte.

Sobre et solennel, grave et mesuré, simple et presque naturel.

Il a l’envergure, l’éclat, la hauteur d’un oiseau plein de mystère et d’élégance : ailes fines, robe profonde, allure aérienne.

Une sorte de corneille subtile : l’intelligence en souliers lustrés et plumes vernies.

L’habit sombre, les pensées lumineuses, il avance vers le sommet. En route pour la gloire. Pas à pas, tel un marbre vif parmi les autres marbres immobiles qui l’entourent.

Avec ses rêves réalisés, il a le regard sage du vainqueur.

Sa silhouette qui chemine entre ombres et clartés se mesure aux façades immortelles.

Ces murs de géants se dressant à sa droite et à sa gauche, il les égale. La pyramide le consacre, le Louvre le baptise, l’hymne l’embaume.

Et le peuple l’acclame.

Au-dessus de sa tête, le ciel de Paris. Sur ses épaules, le poids de l’Histoire. En face de lui, un destin, une mission, un pays : l’immortalité.

Il marche, cérémonieux, le geste posé, l’âme chargée.

Royal.

Après cet interminable vol en solitaire, il gravit la tribune et parle à la nation. Le monde est à ses pieds, le siècle dans sa main.

Eclairé par les étoiles, inspiré par les dieux, enflammé par le feu sacré, il n’a jamais douté.

En ce soir du 10 mai 2017, un vent frais souffle sur la capitale. Des feux s’allument dans les coeurs, d’autres s’éteignent. Ainsi en va-t-il des grandes choses de l’Humanité.

Le jeune Macron a été élu.

La France a son Toutânkhamon.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/2a458bf3293f56230b0b789792e10d61/

jeudi 13 avril 2017

1220 - Les hypersensibles sont des nouilles molles

La mode est à “l’hypersensibilité”. Ce qui est normal dans cette société dévirilisée et nombriliste. Religion des caniches fiers de leurs frisures, filon des experts en “psycho-truc” tarifant leur docte baratin, valeur dominante dans le créneau porteur des imbécillités à haut potentiel commercial et/ou égocentrique, l’excès de sensibilité (ou plutôt de sottise narcissique) est la dernière connerie en vogue la mieux partagée dans l’univers rose-bonbon des gogos.

Un culte déjà exploité par des radios intimistes, des télévisions populaires, des articles racoleurs de journaux spécialisés (et même génériques), tous en quêtes de nouveaux secteurs publicitaires ou simplement de rubriques et reportages démagogiques susceptibles de fidéliser les nigauds en leur servant les salades qu’ils attendent. Et ouvre la voie, n’en doutons pas, à de juteux produits dérivés...

Bref, ce concept de l’hypersensibilité n’est rien d’autre qu’une scandaleuse médicalisation de l’autolâtrie. Un signe évident de la décadence de notre civilisation, le paroxysme de l’individualisme aveugle, bête, stérile.

Dés qu’un pleurnichard lambda manifeste ses petites contrariétés de chiot douillet avec impudeur et fracas, des marchands de vent  -dans le meilleur des cas de simples parleurs creux n’ayant rien à vendre sinon promouvoir leur image- sont là pour sanctifier ses larmes puériles, en faire un sujet d’expertise, de réflexion, de débat. Ou l’art de donner des lettres de noblesse à l’insignifiance des prétentieux anonymes.

Des perdants, des flasques pédants qui se complaisent dans l’exacerbation de leur “moi je” et qui ont inventé “l’hypersensibilité” pour se démarquer des gagnants, ces valeureux, ces forts, ces durs-à-cuire qui eux ne regardent pas à longueur de vie leurs doigts de pied mais agissent, avancent en se moquant des traînards plaintifs et larmoyants occupés à retirer des épines imaginaires de leur pied.

Je remarque que ceux qui se définissent comme “hypersensibles” sont des ex-enfants rois qui s’emmerdent dans leur existence. Fruits insipides de ces classes moyennes ayant pris leur foin standard, c’est à dire leur culture au rabais, pour de l’or. Troupeaux de veaux avachis issus de troupeaux de moutons bêlants.

Résultats consternants d’une éducation centrée sur “la réalisation de soi” ou “l’épanouissement personnel”, cette pacotille pédagogique érigée en religion.

Et ils racontent en long et en large leurs frilosités de chétifs, leurs bobos d’eunuques, leurs états d’âme de peluches, leurs larmichettes d’adultes n’assumant pas leur pilosité, bref ces pauvres bébés rasés de près, à l’épiderme mental si doux, si fragile, étalent publiquement leurs couches-culottes et réclament reconnaissances et compassions pour leurs diarrhées nombrilisco-émotionnelles, ces trésors sans prix à leurs yeux...

dimanche 9 avril 2017

1219 - Mirage d'été

Leurs regards se sont croisés en plein soleil.

Dans la touffeur de l’été.

Lui, seul dans la foule. Elle, riant dans la lumière.

L’homme, silencieux, secret, s’est mit à brûler pour cet astre femelle. Elle, éclatante de beauté, perçut sa flamme et d’un signe qui voulait dire “oui”, scella l’affaire.

Les chairs se sont unies, les âmes se sont parlé : les heures furent glorieuses. Puis le soir est arrivé.

La lune apaisa l’azur, rafraîchit les peaux, berça les amants dans leur sommeil.

Au réveil du dormeur la femme était loin. 

La rêveuse se trouva seule elle aussi, au matin.

Leurs regards pourtant s’étaient croisés en plein soleil, la veille...

La fièvre les avait réunis, non la réalité : tous deux avaient été victimes d’insolation.

Les deux rêveurs ne se rencontrèrent jamais et ils continuèrent leur chemin.

Lui, seul dans la foule. Elle, riant dans la lumière.

VOIR LA VIDEO :

samedi 1 avril 2017

RIEU CHEZ LES RILLETTES !

Le Mans est en émoi : André Rieu va faire valser la cité des rillettes.

C’est un grand jour pour la classe moyenne en surchauffe.

Les retraités des quartiers populaires, grands mélomanes et fins connaisseurs de la vulgarisation des "tubes du classique" se sentant privilégiés de pouvoir admirer sur scène le Beethoven des temps modernes, ont repassé leurs habits du dimanche et lustré leurs souliers de bal.

Les employés de l’usine Renault éblouis par ces promesses de violons tourbillonnants et de guirlandes étincelantes se félicitent à l’idée de faire ce premier voyage de leur vie au pays des blondes marquises et des carrosses dorés : ils vont se croire dans la peau de leurs patrons le temps de cette soirée de rêve, s’imaginant en effet avec envie que les grands de ce monde qui les emploient sont friands de ce genre de “distraction de qualité”...

Les jeunes mariés vont venir sceller le lien du “plus beau jour de leur vie” d’un baiser-selfie mémorable sous les plus fameux airs romantiques de la musique classique revus à la sauce rose-bonbon, cette liqueur des amateurs d’opéra-variété, de Chopin-choupinou, de Mozart-bisou et de Vivaldi-vive-la-vie !

Bref les adeptes de bastringue endiablé sont aux anges !

Gageons que lors de ce concert exceptionnel les coeurs sensibles vont frémir sous la dentelle soldée de chez Pronuptia, tandis que les scooteurs vont chauffer chez les livreurs de chez Inter-Flora ! Sans oublier -il faut bien rester pragmatique dans ce flot d’émotions extraordinaires et de fantaisies haut de gamme- les employés de DOMINO-PIZZA qui vont avoir du pain sur a planche, si l’on peut dire, pour la fin du spectacle.

Parce que le Mans se doit d’être digne d’un événement aussi féérique, un feu d’artifice offert par la mairie de gauche clôturera cette fabuleuse attraction qui fera la joie de tous ces experts en musicologie (ouvriers éveillés, seniors instruits et jeunes en quête de repères culturels) venus rendre hommage à leur maître Rieu !

Produits dérivés et autres colifichets de haut prix à l’effigie du grand interprète en vente au stand officiel -qui pour l’occasion sera spécialement dressé dans la galerie marchande de AUCHAN- dés la veille du show. Venez nombreux !

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://rutube.ru/video/db88fcb55477b3afe621163f62c8fcaf/

https://rutube.ru/video/4d2841531f5a93f8bf356eee04a4e26b/

http://www.dailymotion.com/video/x5gzfxf

http://www.dailymotion.com/video/x5gy9g1

mercredi 29 mars 2017

1218 - Je suis riche

Je ne porte pas de vêtements à la mode : je me présente aux autres avec la vérité de mon être perçant les apparences.

Je suis riche d’authenticité.

Je progresse sans moteur, à pieds ou à bicyclette : j’ai le goût de l’air pur et de l’effort.

Je suis riche de ciel bleu.

Je ne possède ni téléphone portable ni lunettes noires : je parle aux hommes sans appareil et ne voile pas ma vue.

Je suis riche de simplicité.

Je ne travaille pas, ne m’endette pas, ne désire rien de coûteux et de frivole, ne me sens point obligé d’imiter les moutons partant aux sports d’hiver, ne me rends esclave d’aucune futilité.

Je suis riche de liberté.

Je ne cherche pas à plaire aux idéologues, aux passants, à un patron, à mes voisins, pas plus au pape qu'au pouvoir en place.

Je suis riche d’indépendance.

Je ne chauffe pas en hiver, me déplace à la force de mes muscles, bois de l’eau claire, me nourris de pain noir et de verdures.

Je suis riche de santé.

Je ne cours pas après des chimères hors de prix, ne cherche nul trésor d’or ou de toc, n’aspire ni au superflu de poids ni aux petits riens vides de sens.

Je suis riche de légèreté.

Je ne me préoccupe guère de ma position sociale. Insensible aux artifices du siècle, aux vanités temporelles, je ne perds pas mon temps à faire briller mon image publique.

samedi 25 mars 2017

1217 - Vos urnes, mon azur

Certains s’imaginent immenses en se nommant “enfants de la République”, se prennent pour des flambeaux en se disant “héritiers des Lumières”, se croient au sommet en se présentant comme “fils de la Raison”.

Moi je suis simplement souffle dans l’éther, vague dans l’océan, point dans le firmament.

Je n’ai aucune ambition temporelle, que des ailes pour le ciel. Pas de poids politique, juste la légèreté des nuages. Je fuse dans l’espace pendant que les lourdauds remplissent les urnes de leur foin quotidien ou ruminent en rond dans leurs étables.

Je n’adhère nullement aux valeurs sacralisées par les quadrupèdes.

“Liberté, égalité, fraternité” : voilà trois méchantes carottes pour faire braire les ânes béats !

“Bleu, blanc, rouge” : c’est le vin sec et aigre, le nectar vulgaire, l’ivresse infâme des serviteurs de l‘insignifiance, des adorateurs du dérisoire, des disciples de la petitesse.

“Laïcité” : trésor minuscule des détenteurs du rien. Respiration des porcs pataugeant dans leur fange. Air sans vitalité des âmes éteintes. Banquet fade des noceurs creux.

La “démocratie”, cette religion vide des croyants en leur bide, ne pèse rien en comparaison à l’infini de mes vues sur ce qui la ridiculise, la pulvérise, la dépasse.

Pendant que les mystiques du suffrage universel chevauchent leur bidet à la conquête de leurs doigts de pieds, moi je sonde l’Univers, libre, lumineux, aussi ténu qu’une étincelle et soudain vaste comme dix-mille galaxies.

Je ne vote pas, je vole.

jeudi 23 mars 2017

1216 - Fête au rabais

Jour de fête foraine au mois de mars.

Pluie glaciale.

Je me dirige vers l’entrée de ces réjouissances : une sorte de fossé jonché de détritus et dégageant de fortes odeurs d’urine. J’emprunte cette allée sinistre flanquée d’effigies clownesques géantes.

Des Têtes de Mickey, de Donald, de Gugusse.

Toutes blafardes.

Rendues méchantes grâce aux peintures écaillées. Leurs joues ruisselantes de rouille et de crasse visqueuse donnent une saveur aigre à leur sourire ambigu.

Carnaval de gargantuesques cadavres.

Accueil effrayant.

Des cerbères, gardiens de “machines d’amusement” et autres “animateurs de jeux” musculeux aux bras tatoués et aux mines patibulaires me fixent avec malveillance depuis leur guérite. Atmosphère lourde. Sensation d’insécurité. Je me sens comme une proie en terre ennemie.

Des pleurs stridents d’enfants sortent d’un manège de chevaux aux regards morts. Tout grince dans la machinerie du carrousel et la musique qu’on y entend est glauque. De temps à autre un fracas de ferraille couvre les sanglots de terreur des bambins. Le divertissement en question est en fait un immonde dôme fait de bric et de broc, un amas de tôles de récupération, tordues, percées, bariolées, mal ajustées et dont certaines, déchirées, coupantes, dépassent dangereusement ici et là. Sur le sol (des planches moisies ponctuées de gros boulons), des traces de cambouis et de restes de vomis incrustés... Tout ce fatras est imbibé d’une odeur d’huile brûlée émanant du moteur mal réglé.

Là coulent les larmes des innocents au rythme des tours de folie ! 

Payés cash à un prix prohibitif.

Je poursuis mon initiation dans cette ambiance crépusculaire. Plus loin l’attraction-phare : les auto-tamponneuses.

En m’approchant de ce lieu de récréation légendaire je croise une adolescente en pleur saignant du nez, blessée au visage. Non loin d’elle, un jeune homme avec un horrible hématome sur le front, la lèvre inférieure enflée, titube, ivre-mort, l’air hagard.

Immédiatement je suis happé par le spectacle des engins qui s’entrechoquent. Le décor est criard, vulgaire, crapuleux. Et, comme toujours dans son antre, le patron à l’allure de mafieux veille à l’entrée de l’argent, l’oeil mauvais, le mot déplaisant, le geste menaçant. Vite, je passe mon chemin !

Pressé de sortir de cette foire foireuse, je suis harponné par le train fantôme : le rabatteur au déguisement sordide me propose carrément l’achat d’un ticket sous peine d’un passage à tabac... Cette fois c’en est trop, je fuis ! Avec lâcheté ou courage, je n’en sais rien.

Derrière moi, les néons lugubres s’évanouissent peu à peu dans la brume et je rentre dans mon foyer retrouver mes rêves paisibles d’aubes légères et d’eau pure.


VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/4248eb186550fc602af3bc15b0722967/

http://www.dailymotion.com/video/x5fwt8b_fete-au-rabais-raphael-zacharie-de-izarra_travel

lundi 20 mars 2017

1215 - Plus haut que vos têtes, plus loin que vos terres...

Pour les affaires de ce monde je ne suis digne de rien, ne donne la main à personne, ne verse mon sang pour nulle cause, ne tends vers aucune de vos directions.

Je suis un parjure du temporel. L’ennemi de tous les siècles. L’adversaire de vos sagesses. L’hérésie de chaque pays.

Loin de vos lois, en guerre contre vos horizons.

Indifférent à vos raisons.

J’ai l’âme d’un félon.

Absent à vos appels, je ne vous sers à rien. Je trahis vos dieux, me moque de vos misères, crache dans votre ciel, urine dans votre miel, souille ce que vous adorez.

Et vous prenez ces outrages pour des hommages.

Vous êtes des larves, vous dormez sous terre et me croyez des vôtres...

Vous n’imaginez pas que puisse briller un astre majeur par-delà vos portes blindées de bêtise, au-dessus de vos faces de rats morts, plus haut que les vues de vos viscères. Vous ne savez pas que vous êtes les miettes d’un monde immensément brillant dépassant vos valeurs les plus chères.

Vous êtes flasques, vous sommeillez dans la vase et me traitez comme un frère. Ignorant tout de moi, de vous-même et de l’Univers en prenant le pire pour le meilleur. Votre ombre vous semble lumière et elle vous suffit...

Je suis là pourtant, avec mes rêves plus réels que vos semelles chargées de boue, plus vif que vos flammes de malheur, plus léger que vos pensées façonnées par la merde.

Vous souffrez pour des peccadilles, vivez pour du vent, mourez pour des idées. Ne quittant jamais le sol, vous restez des fourmis, des larves, des rats, des ânes.

Et moi je vous le dis, même si vous ne m’écoutez pas : cessez de cultiver ces sornettes qui vous aveuglent, osez toutes les oublier et je vous montrerai l’infini.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/7acc3014af2ef56ed21426b3be208efb/

http://www.dailymotion.com/video/x5fpc5x

jeudi 16 mars 2017

1214 - Plaidoyer pour l'hétérosexualité

L’union intime entre deux bougres est une injure à l’ordre cosmique, un déséquilibre de l’harmonie universelle, un outrage à la nature, un péché contre l’esthétique, une honte sur la Terre.

Les tendresses entre deux mâles sont des déviances. Leur flamme est perverse. Leurs moeurs dénaturées.

Deux moustachus ensemble c’est répugnant et choquant. Deux tribades ensemble c’est moins outrancier, moins malsain.

Mais la panacée, c’est un homme avec une femme.

Rien de plus beau qu’un regard entre Adam et Eve.

Rien de plus normal, saint, naturel, clair, glorieux, juste, bon, doux et vrai qu’un accouplement hétérosexuel sous le soleil de la vérité.

Le ciel a été fait pour recevoir les astres tout comme le garçon, cette merveille de la Création, a été fait pour recevoir les fleurs.

Les ébats charnels ne se conçoivent véritablement que sur le modèle inné basé sur le miracle, non sur le modèle corrompu fondé sur le mensonge.

L’un engendre, l’autre est stérile.

Les jeux nuptiaux inventés par la Céleste Intelligence, d’une incroyable diversité, d’une inépuisable richesse sont émouvants, éclatants, surprenants, colorés, drôles, élégants, raffinés, sophistiqués, étranges, sublimes, baroques, grandioses, joyeux, comiques, mystérieux... Bref, ils expriment la puissance, la bonté, la générosité et le génie du divin.

Alors que les séductions entre deux pédérastes sont grotesques, grossières, crapuleuses, affligeantes, misérables, tristes et même sinistres.

Je vous le dis : depuis que le monde est monde et ce pour toujours, sous le firmament on n’a pas fait plus brillant, plus rayonnant, plus lumineux que le baiser du Soleil sur la Lune.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/6ba1afddf8e40cbf96336d4d0de218f1/

http://www.dailymotion.com/video/x5ezvlb_plaidoyer-pour-l-heterosexualite-raphael-zacharie-de-izarra_school

samedi 4 mars 2017

1213 - La coche et l'aigle

Née dans une ferme isolée, élevée par une famille d’attardés aux moeurs béotiennes, la fermière qui engraissait les porcs depuis son enfance croyait que sa laideur, son obésité, sa face ogresque étaient des gages de séduction : de l’amour elle n’avait eu que l’exemple des coches s’offrant à des verrats.

Avec les grognements de ses bêtes puantes pour toute musique nuptiale.

Aussi, lorsqu’elle croisa pour la première fois de sa vie un beau seigneur, c’est avec assurance qu’elle se dévêtit devant lui, sa vue déformée sur les affaires essentielles du coeur et de la chair lui ôtant toute capacité à l’auto-critique.

Ainsi elle lui exhiba l’horreur de ses appas et prit pour une marque d’admiration l’expression de dégoût que son corps adipeux, difforme inspira à l’esthète outragé (que, bien évidemment, seules les sveltes Vénus enflammaient).

En retour à cette offense qu’elle pensait être un cadeau de grand prix, elle reçut deux gifles et un crachat sur sa figure mal faite. Elle saigna de son épais nez porcin et sa blessure ruissela sur les deux énormes baudruches flasques lui tenant lieu de féminité, ce qui rendit le tableau encore plus grotesque.

Elle ressemblait à un cochon qu’on vient d’égorger.

Mais cela ne fut pas suffisant pour éteindre le courroux de l’aristocrate scandalisé par cette verrue. Le spectacle de tant de disgrâce et de bêtise mêlées le rendait cruel, méchant, impitoyable.

Redoublant d’une rage vengeresse qu’il prit soin de dissimuler derrière un faux regard de compassion, faisant semblant de regretter son attitude, il approcha sa main du visage de l’éplorée comme pour la consoler et se faire pardonner...

Le laideron ferma doucement les yeux, en attente de sa caresse...

Alors dans un ricanement terrible il enfouit brutalement son groin dans la boue et, se saisissant d’une lame de sa poche, rasa les cheveux de l’immonde qu’il supposait être infesté de poux, elle qui fréquentait les plus ignobles créatures ! Les cris de la pouilleuse étaient en effet ceux d’une truie... A force de vivre en leur compagnie elle s’y apparentait jusque dans leurs pires manifestations.

Punie pour sa bêtise, punie pour sa hideur, elle se dédouana cependant fort involontairement de ses tares : en contant ce souvenir dans les salons feutrés de son château à des beautés guindées aux corps finement galbés, le sybarite les faisait bien rire, ce qui amenait ces coquettes conquêtes encore plus facilement à son alcôve.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/6de286b7a6424631261938caee3a1268/

http://www.dailymotion.com/video/x5dw7va