dimanche 27 mars 2016

1165 - Farrah Fawcett, morue céleste

Farrah Fawcett, tu fus une belle femme aux yeux comme deux globules de lune. Ta face de femelle radieuse jusque dans tes semelles rieuses rayonnait. Ton front ensoleillé déversait des flots de blé tendre. Tes dents aussi éclatantes que des asticots mordaient les étoiles, faisaient sauter de joie les pommes, tranchaient les coeurs.

Ta bouche ressemblait à la bouche d’une  merluche et je voyais en toi le plus séduisant de tous les poissons ! Tu incarnais la reine de mes rêves d’océan et la paix des eaux douces. Tes sourires de miel avaient l’odeur de l’éther et la saveur du savon. Ta cosmétique non comestible était le régal des êtres incorporels, le vin des assoiffés de lumière, l’ivresse des buveurs d’azur.

Farrah Fawcett, même morte tu me donnes encore le goût de la mer et de ses vagues d’écailles, l’envie de la pluie et de ses caresses argentées, la faim de l’infini et de son pain translucide, le sens vertical et les délices des hauteurs.

Bref, Farrah Fawcett lorsque je pense à toi, je suis loin des asperges, aux antipodes des artichauts, à l’extrême opposé des navets. Et pourtant je suis aspergé de clarté, archi-chaud, plein de bave, crevant de la crème de ta beauté, comme un gastéropode gavé.

Je glisse le long de ta chevelure, coule sur ta joue, meurs à tes pieds.

Farrah Fawcett, tu reflétas, le temps de ta vie terrestre, chaque fleur du Cosmos et toutes les valeurs de mon jardin, autant de matins de l’Univers que de soleils perdus dans les souvenirs humains.

Demain, je me réveillerai en plein ciel.

jeudi 17 mars 2016

1164 - Tariq Ramadan vu par IZARRA

Tariq Ramadan, l’astre mahométan de nos sillons catholiques (moribonds) irrite ses plus féroces contradicteurs non pas tant parce qu’il défend sa cause, mais parce qu’il y met de l’éclat.

Il chante sur le ring quand ses adversaires aboient. Lui le coq sarrasin, eux les caniches gaulois. Et les cloches fêlées de notre Eglise sonnant le round dans un combat stérile qui s’éternise entre les levers du Soleil et les apparitions de la Lune...

J’aime mon pays et adhère à ses valeurs traditionnelles tout en détestant naturellement le gauchisme, et pourtant j’admire cet esprit brillant issu du Croissant : il incarne, dans sa version musulmane, nos lumières chrétiennes révolues, ternies par ce siècle de mollesse.

Ramadan est le produit sain, en somme, de notre putréfaction. Il est le fruit vert poussé sur nos pertes de racines chrétiennes. Le follet pur né de notre putride désagrégation, l’éther de nos terres plombées, l’essence de nos fumées.

Ses ennemis voient en lui un perfide intégriste religieux, un intellectuel oriental aux idées arriérées, voire un dangereux prédicateur islamiste... Moi je perçois en ce disciple de Mahomet une âme chevaleresque pleine de courage, de hauteur, d’humanité authentique. Toutes ces valeurs, ces qualités, ces beautés que nous avons perdues dans notre folie égalitaristo-féministo-gauchiste. Pour ne pas dire christianophobique et même de plus en plus franchement athéiste...

Notre néant laïque est confronté à cette réalité spirituelle d’un islam fervent. Seuls les matérialistes, les décadents, les enfants de la Révolution s’en étonnent. Et en tremblent. Ils ne se rendent pas compte qu’en voulant s’affranchir du sacré, celui-ci reviendra toujours, triomphant, sous une autre forme : ici l’Islam. Quand au nom de la neutralité républicaine on rejette les rayons de Râ, ce sont les lueurs du croissant qui apparaissent. Et lorsqu’on veut encore chasser ces clartés lunaires, plus haut ce sont les étoiles qui s’allument. Dieu est partout. Les matérialistes, qu’ils le veuillent ou non, baignent dans un océan divin.

Ramadan n’est que le juste retour de flamme, teintée d’orientalisme, de notre pensée de fer.

Bref, même si je demeure chrétien, je m’incline devant ce talentueux défenseur de la spiritualité coranique et le salue pour son courage, ses vertus, sa noblesse. Et la justesse de ses vues.

Monsieur Ramadan, voyez en moi un allié de prix dans votre résistance à la profane oppression des sans foi de France.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=FgzmMQpYp6w&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x3ye4xz

vendredi 11 mars 2016

1163 - Ca y est, je suis mort !

Cette fois c’est la bonne. C‘est fini. Enfin je veux dire, ça commence.

Je suis mort. Mort et enterré. Libéré de la Terre et des maux dentaires.

Débarrassé de la politique, de la république et même de l’attraction de la planète.

En totale apesanteur, insensible aux odeurs. Depuis mes neiges éternelles, or et plomb se valent. Je ne suis plus obligé de porter des vêtements chers pour plaire aux passants de chair.

Je suis devenu pur esprit. Je suis mort et le monde entier s’en fiche. Il tourne sans moi, oublie mon nombril, orbite loin de mes yeux.

Mes restes gisent sous terre. Atomisés par le temps. Absorbés par les éléments. Comme ceux des dizaines, voire des centaines de milliards d’autres humains l’ont été avant moi et le seront après moi.

C’est banal de le dire, mais j’ai succombé à la vie, enfin je veux dire vers la fin.

Voilà, je suis mort. Bel et bien mort.

La preuve que je suis mort : je ne suis plus en vie.

Bref, je suis mort et n’en démords pas.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=MYAcNhN1q5M&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x3y4nt3

1162 - Le poème selon IZARRA

Tout au contraire de ce que bien des amateurs de la lyre pensent, le poème est à l’extrême opposé de ces clichés pleins d’artifices pesants, de mensonges rutilants et de fulgurances scolaires qu’ils présentent si fréquemment...

Afin de les contredire avec fruit et fracas, et surtout avec justesse, voici mon credo en ce qui concerne le poème.

Le poème c’est un torchecul providentiel pour... se torcher le cul providentiellement justement !

Le poème c’est un cri de canard dans la mare. Une crise de hoquet grotesque au coeur d’une cérémonie solennelle. Une glissade dans la boue en tenue du dimanche. Une pluie glaciale qui réveille les exaltés. Une fausse note qui remet à leur place les fats égarés nourris de théories. Une trompette en pleine nuit qui déculotte les rêveurs.

Le poème c’est le Soleil qui chie sa lumière sur la tronche de cette grosse conne de Lune se prenant pour la reine du zénith.

Le poème c’est l’anti-urgence par nature : nul n’a jamais été terrassé par un caillot de poésie dans les vaisseaux ! Au contraire le poème est le simple vernis de la vie qui certes fait briller la carrosserie des jours, mais guère plus : il ne faut pas exagérer les caresses du poème car le poème agit comme une imperceptible homéopathie, non comme un remède de cheval !

La vie vaut mille poèmes et personnellement je n’échangerais jamais ma précieuse existence contre une anthologie poétique même en dix volumes, même de chez la Pléiade, même enluminée d’or fin !

Les mots du poème ne sont que des farces destinées à éblouir les tomates, c’est à dire la tête des niais qui prennent le poème pour un astre irradiant alors qu’il n’est en réalité que le bouche-trous de leurs heures les plus creuses.

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://rutube.ru/video/20f3aba836028a2191b436d64184d49e/

https://www.youtube.com/watch?v=GtP-IzmyQNM

http://www.dailymotion.com/video/x5fk0d4

https://www.youtube.com/watch?v=nOgSDrb1iMA&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x3x63zu

vendredi 4 mars 2016

MA CRITIQUE DU FILM “Le dernier loup” de Jean-Jacques ANNAUD

Techniquement et esthétiquement le film est irréprochable. Les paysages de Mongolie sont splendides, les cadrages soignés, les loups filmés avec grand art, etc. Quarante millions de dollars ont été déboursés dans cette entreprise ambitieuse et de longue haleine consistant à raconter les hommes en se mettant dans la peau des loups.

Mais cela ne suffit pas à sauver le paquebot du naufrage car en réalité ce livre de belles images qui se veut épique est, selon moi, la daube de l’année.

Une niaiserie monumentale, une fresque écologiste lourdingue, une épopée animalière grossière.

Cette production française à la sauce Hollywood pleine de bons sentiments sans nuance est une guimauve enfantine dans laquelle bêtes et humains s’engluent mutuellement, s'enlisent mollement, profondément, laborieusement. Une sorte de grosse soupe bien épaisse, mais sans saveur, qui rend la vie flasque et pesante.

Dans ce spectacle pénible, des clichés à la tonne, des dialogues d'une banalité consternante, un jeu d'acteurs puéril, convenu, scolaire : les ingrédients idéaux pour faire de ce sitcom des grands espaces un puissant soporifique.

Le scénario sans aucune imagination, stéréotypé, totalement inconsistant, creux, incolore, inodore, indolore comme une eau plate sombre même parfois dans le ridicule ! Et dans cet océan d’ennui académique je me suis surpris à rire : le constat de certaines lourdeurs en devenait vraiment comique.

Cette nullité sur grand écran est une caricature du cinéma familial grand public. Elle en accumule les pires défauts. Ce qui en fait une grimace, une outrance, une singerie aux effets léthargiques.

Pour être honnête, cette oeuvre parfaitement fade et liquoreuse ravira les enfant de 8 à 12 ans.

C’est à dire, en gros, les lecteurs de "Mickey Magazine". C’est du même niveau.

Bref, ce navet particulièrement indigeste, stupide et insipide fut tellement colossal que je n’ai pas pu endurer le supplice jusqu’à la fin.

Je suis parti au bout d’une heure, c’est à dire exactement au milieu de ce calvaire cinématographique qui dure deux heures.

Raphaël Zacharie de IZARRA

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=NJcYgPrSg7o&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x3vtuiq

jeudi 3 mars 2016

1161 - La face cachée de mars

Mars a le visage pâle, les cheveux trempés et les pensés givrées d’une marchande de poissons au charme funèbre, au corps anguleux, à la voix rauque, aux traits de silex, aux doigts comme ceux d’un cadavre, au regard plein de nuages et d’azur.

Mars a une face troublante, incertaine, confuse, fluide et pénétrante. C’est un grand frisson qui glace les os, réchauffe les labours, nous égaie de ses rigoles. Comme un manteau mouillé. Entre joie et larmes. C’est une saison faite d’ombre et de rêve, de neige et de cendre, de pluie et de lumière.

C’est une drôle de fée heureuse et taciturne. Une sorcière morose au front argenté. Une sirène terne se mirant dans les flaques.

Le mois flou envoie ses flots d’ennui vers tous les horizons. Ses sentiments sont aussi froids que fluides, ses gifles aussi flasques que tranchantes, ses réflexions aussi fangeuses que célestes. Et ses murmures, toujours sérieusement aqueux.

Mars est une vaste limace visqueuse, une flamme molle, une femme dévastée qui pleure et qui rit, comme une vague farce du soleil jouant avec l’onde tout en chantant ses airs aériens.

Et moi je sombre dans les clartés mélancoliques de mars pour y faire germer ma brume et que fleurissent mes mots, aussi sûrement que la giboulée féconde le sillon.

VOIR LES TROIS VIDEOS :

https://www.youtube.com/watch?v=X9527BulUq0

http://www.dailymotion.com/video/x4xnare

https://www.youtube.com/watch?v=cjfYIgywEqQ

http://www.dailymotion.com/video/x40pe22

https://www.youtube.com/watch?v=53DOZGj--sM&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x3vob2h

mardi 1 mars 2016

1160 - J'attends ma Dame

J’attends ma Dame qui arrivera bientôt. Et quand je la verrai passer la porte, le Soleil s’inclinera.

Mon aimée que j’attends, tout comme moi, se voit au centre de l’Univers  Elle est égoïste, capricieuse, hautaine, éduquée. Elle est dure envers les chiens, méchante envers les enfants, méprisante envers les sans particules, mais très douce, très amoureuse à l’égard des grands fats de mon espèce qui morguent la gueusaille et giflent la valetaille.

Et c’est parce qu’elle me ressemble tant que je l’aime tant. Et c’est parce que je suis un astre de vanité fracassante qu’elle m’aime à ce point.

En échange de sa flamme qu’elle me crache à la face, je l’éblouis de ma lumière. Et lorsqu’elle m’offre ses larmes, je lui joue.un air faux sur un violon de fumée. Quand deux hypocrites s’adorent, la musique grince, les pantins gesticulent et la pluie arrose leurs coeurs en fête.

Elle a la bouche sensuelle, la mine fraiche, la taille mince, le corps élancé, la chevelure ténébreuse, le regard féroce. Sa toilette est fort sophistiquée, extravagante, pleine de codes complexes, d’artifices coûteux. Ma Dame que j’attends est une beauté pompeuse.

L’heure du rendez-vous approche, je tremble de bonheur. Pour ses beaux yeux, j’ai remplacé mes laines rapiécées de jeune avaricieux par de la dentelle neuve, lustré mes lames rouillées, tué toutes les araignées de mes salons. Ma Dame pense à ma bourse comme je pense à son immense chapeau à plumes : avec désintérêt forcé, détachement factice, négligence affectée et même avec franc humour.

Elle sera là dans un instant. Sous mes lambris nous danserons sur des pas savants avec un air grave dans un bal triste et confidentiel, sans orchestre, où seuls ma Dame et moi serons présents.

Une chorégraphie monotone et douloureuse juste pour nous deux, sous les regards figés de mes ancêtres dans leurs cadres dorés que je n’ai pas songé à dépoussiérer.

Mais je l’entends souffleter ma bonniche dans la cour... Mon sang de seigneur-persifleur est en ébullition ! Ses souliers moqueurs claquent à l’entrée de ma maison. Elle approche... Je vais défaillir d’aise.

Elle vient. Elle paraît.

Et rayonne.

Je lui souris. Elle me regarde avec courtoisie. Je lui adresse la parole en ces termes :

- Je vous attendais, ma Dame. Vous voici donc arrivée.

Elle me répond tendrement :

- A présent que je suis là, vous ne m’attendez plus. Alors allons souper, avant de pleurer yeux dans les yeux sur l’heure de mon départ, demain, après le diner. Ainsi, vous pourrez vous amuser à m’attendre encore et encore dans les plus délicieux frissons d’un amour spécialement conçu pour vous plaire et vous déplaire tout à la fois, tourments contrariants mais enivrants que je partage avec vous dans la joie et l’honneur de ma virginité préservée pour votre contentement d’esthète nombriliste dénué de scrupule à mon endroit et de sentiments altruistes à l’égard des gens de peu. Je vous aime, Seigneur IZARRA.

Et je conclus son bavardage ampoulé sur ces mots secs :