vendredi 31 janvier 2014

SYLVAIN DURIF SELON IZARRA

Sylvain Durif est un rêveur réaliste qui veut faire briller le soleil partout.

Mieux qu’un messager de passage, Sylvain Durif est un prophète. C’est même une étoile, un oiseau d’envergure sidérale. De l’astre de feu il a l’intemporel éclat. De la créature immensément ailée, l’angélique allure.

C’est un poète. Un vrai : son ciel à lui c’est du roc, non du toc. Son olympe se nomme Vérité, Beauté, Sérénité, Lumière. La sagesse, ou lucide folie, de Sylvain c’est qu’il croit en l’accord des peuples sur notre globe et veut se donner les moyens de le mettre en oeuvre. Il souhaite faire régner le droit divin sur notre monde.

Pour sécher les larmes de l’humanité, il joue de la flûte et le chant clair de son roseau est une caresse céleste.

Sylvain est intelligence, hauteur, profondeur, force et compassion. Et plus il nous berce de ses paradis mystiques, mieux on le cerne : sa démarche est authentiquement désintéressée, noble, altruiste. Son discours n’est certes pas issu des moules officiels étriqués auxquels on est tous accoutumés mais il est tout aussi structuré, cohérent et intelligible et en cela, tout aussi  respectable que n’importe quel propos papal ou enseignement religieux étatisé.

Aux incrédules il n’a que l’amour pour réponse. Il n’a pas d’ennemis. C’est un Christ moderne qui défend le vrai, le beau, le juste et le bien. Tant de grandeur force le respect. Sylvain est un chêne : le beau temps, le vent, la pluie ou la grêle, il bénit tout ce qui vient à lui, imperturbable, quiet et radieux. A l'heure où je trace ces lignes, il envisage même de cheminer à pieds jusque Damas suivi de milliers de ses frères humains venus du monde entier afin de diffuser son message pacifique.

En effet, cette âme éclairée veut établir la réconciliation universelle sur Terre et partout dans le Cosmos. Ses ambitions, titanesques, colossales, grandioses sont sublimes. Il incarne le génie spirituel. Une mission tellement immense qu’on n’a guère que deux options radicales face à cet Himalaya de certitudes humaines et de force intérieure affichant son programme de pacification planétaire avec un aplomb déconcertant : adhésion totale ou rejet sans appel.

Personnellement j’ai fait le choix d’ouvrir mon coeur et d’écouter, laissant de côté toute malice, l’oracle des Pyrénées, de promouvoir son message révolutionnaire sans frilosité ni regret.

Avec foi, flamme et joie j’engage ma renommée, mon image et ma plume dans cette cosmique aventure des âmes de bonne volonté en route vers la plus audacieuse mission divine jamais entreprise. J’exhorte les esprits éveillés à m’imiter en prêtant une saine, sainte, sage attention à cette voix isolée mais pure.

Pure, tel le son de sa flûte qui parfois s’élève au-dessus des clochers, là bas dans les montagnes à partir d’où il va très prochainement diffuser sur la planète son annonce de paix définitive.

samedi 25 janvier 2014

SERGE AYOUB

Serge AYOUB a des allures de voyou de l’extrême droite. Il en arbore même les signes distinctifs les plus éculés. Voilà pour l’aspect extérieur et il faut reconnaître que le bonhomme n’inspire pas immédiatement la sympathie aux modérés de tous bords.

J’avais jadis vilipendé ce personnage aux apparences suspectes pour ses martiales conduites et fortes humeurs...

Mais Serge AYOUB est beaucoup plus nuancé que ne le laisse croire son apparence de gladiateur à la cervelle résonnante.

Avant tout je me dois de relever son formidable talent d’orateur, c’est ce qui m’a le plus surpris chez lui. Je savoure ses discours non seulement pour la qualité de leur contenu mais aussi pour leur forme.

Cet ogre devient un vrai séducteur dès qu’il prend la parole.

D’une intelligence indiscutable (comme quoi les apparences sont trompeuses ici), il y a une chose qu’on ne pourra jamais lui reprocher, de quelle que rive idéologique où l’on se trouve, c’est son honnêteté, sa probité intellectuelle, l’implacable rigueur de son argumentation.

Bref je me suis surpris à l’admirer. J’ai beau faire, beau me convaincre de ne pas jouer avec des allumettes dans un champ de pétards, qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il y a en lui une flamme qu’on ne peut pas éteindre et devant laquelle on est obligé de s’incliner. Il n’a pour lui pas de flatteurs artifices, non.

Il a bien mieux : la loyauté.

Serge AYOUB, si je voulais le résumer en une bonne formule, je dirais que c’est “le diable qui dit la vérité.”

Voilà pourquoi je ne peux, en conscience, dénigrer tout à fait cette personne. Si je refuse de tricher je suis fatalement contraint de saluer cet esprit vaillant qui, quoi qu’on dise, tire sa force de sa droiture.

Et, je le répète, quel talent d’orateur !

mardi 21 janvier 2014

HOLLANDE- GAYET : LES BAS-FONDS DE LA FRANCE

Avec la non-évènementielle affaire Hollande-Gayet, c’est un effondrement généralisé de la pensée, de la presse, de la politique qui s’opère.

Le pouvoir depuis quelques lustres montrait des signes d’indéniable décadence, mais ici une étape décisive a été franchie. A travers cette descente fulgurante de la flamme élyséenne vers le néant médiatique, c’est tout le pays qui s’éteint peu à peu, les grands organes étatiques et civils sombrant dans l’insignifiance la plus complète.

Le système délesté de ses ors républicains originels tourne dans le vide à plein régime.

La vulgarité des paillettes a remplacé la solennité des statues de marbre : le carrosse de l’intelligentsia roule désormais pour Closer, bible en vogue où sont relatées les fumées du monde.

On y déballe de la boue, mais en gants blancs.

Les temps ont changé. Aujourd’hui les grandes questions des grands journalistes aux grandes heures de la France portent sur les petits fours que le petit président aurait partagés dans l’alcôve avec quelque vague starlette du petit écran. Et l’intéressé, se sachant attendu sur ce principal sujet, fait maladroitement mine de le mettre de côté, invoquant la décence et rappelant les réelles préoccupations du peuple français... On l’attaque sur son silence. S’il avait répondu, on lui aurait reproché la complaisance. Piégé d’un côté comme de l’autre. Des intellectuels se divisent sur ces sottises, des opportunistes y font leur beurre. Bref on est loin des problèmes essentiels qu’une prétendue grande nation comme la nôtre est en droit d’aborder.

Ce n’est plus le tout-Paris qui s’émeut des amourettes du chef d’Etat mais la France profonde. Du moins, ce sont nos chaumières que les journalistes aimeraient bien contaminer avec leurs inepties. Officiellement toute la France est conquise. En réalité le peuple se contre-fiche des galipettes présidentielles extra-Trierweileriennes.

Reste à savoir qui est complice de qui dans ce cirque de clowns en cravates. Est-ce la presse qui tire les ficelles ? Est-ce le gouvernement qui manipule les médias ? Sont-ce les deux qui s’associent comme de subtils malfaiteurs afin d’attirer les attentions vers le bas, chacun y trouvant son compte respectif ?

Qu’importe. On est dans le vent, dans tous les sens du terme, à l’heure de Closer qui dorénavant fait seul la pluie et le beau temps sur le royaume en décrépitude.

jeudi 16 janvier 2014

1035 - Vive l'inégalité !

Depuis que j’ai décidé de voir la réalité selon mon propre jugement, hors des écrans officiels et de ses banalités simplistes, de ses analyses frelatées, de ses stéréotypes idéologiques ou de ses conformités pré-mâchées, je ne crois plus en cet ordre des choses tel qu’il nous est présenté : nous les bons eux les méchants, ici le vrai là-bas le faux, aujourd’hui la clarté hier l’obscurité.

Parce que le mensonge rassure et la vérité blesse, et surtout parce que l’illusion fait vendre, les principaux organes médiatiques ont tout intérêt à désinformer.

Non l’égalité n’existe pas, non la liberté n’est pas dans l’urne, non la grêle et la pluie ne nous empêchent ni de vivre ni de sortir, non l’homosexualité n’est pas naturelle, non les Noirs ne sont pas des Blacks, non l’amour n’est ni ce miel aseptisé ni ce cornichon vulgaire colportés par les  usines à images de Hollywood, oui les hommes et les femmes vont vieillir puis mourir.

Je crois que l’intelligence a tous les droits et surtout celui de juger. Il y a des hiérarchies, partout. La beauté des êtres, la force des âmes, la qualité des esprits instaurent des échelles de valeurs d’inspiration divine.

Il y a les sots et les subtils, les ruminants et les éveillés, les vils et les glorieux, bref il y a les petits et les grands, et le ciel et la terre ne sont pas faits pour former ensemble, au nom de l’équivalence, une bouillie informe mais pour être séparés.

Par nature, le soleil éclaire les abîmes.

Alors que jamais les ténèbres ne pourront assombrir la moindre étoile.

L’astre dispense gratuitement sa lumière aux ânes et l’ombre est fatalement anéantie par la clarté. C’est l’oiseau de haut vol qui doit commander à la vermine de le rejoindre et non l’inverse !

La parité est une hérésie. C’est justement parce que les gens sont inégaux que les uns peuvent aider les autres.

La solidarité est nécessairement basée sur l’inégalité, non sur l’uniformité des citoyens. Si nous étions réellement tous pareils, l’entraide, la fraternité, la pédagogie, la course à vélo, les compétitions, les diplômes, etc. n’auraient pas lieu d’être. C’est parce que nous ne nous ressemblons pas, parce que nous sommes tous différents, plus ou moins doués, plus ou moins avantagés, plus ou moins éducables, plus ou moins réceptifs, parce que nous sommes tous uniques, parce que nous sommes tous des individus et non des clones que nous sommes interdépendants et jamais interchangeables.

Un médecin n’a pas les connaissances, les expériences, la sensibilité d’un astronome. Par incompétence de la vie politique, un clochard aura très peu de chance de devenir président de la république. Au nom de la sécurité aérienne, nul n’acceptera qu’un trisomique devienne pilote de ligne.

Si nous étions égaux nous n’aurions pas besoin les uns des autres.

Nous sommes des apprentis de chair et d’esprit parvenus à divers degrés d’élévation sur le chemin de notre humanité et non de pures mécaniques toutes identiques, non des robots indifférenciés, non des voitures de série toutes semblables.

L’égalité est faite pour les machines, pas pour les personnes.

Sans dissemblance, pas de progrès possible. Une forêt dont les arbres seraient tous exactement à la même hauteur ne serait pas viable. Ce qui fait la vitalité et la prospérité d’un tel système, c’est le déséquilibre des chances et la répartition aléatoire de la force et de la faiblesse entre les éléments qui le constituent. Les petites pousses doivent lutter âprement pour se faire une place au soleil tandis que les arbres centenaires se la coulent douce en leur faisant de l’ombre et c’est très bien ainsi.

Eclairer autrui peut aussi consister à le priver de confort et de chaleur afin de lui donner le goût de la croissance. Pour le bien commun, chacun doit être à sa place. Chacun doit avancer à son rythme et non pas se placer artificiellement sur une même ligne universelle. L’ascension harmonieuse des esprits n’a rien à voir avec le pas militaire forcé.


Le nivellement des bipèdes décrété par notre système démocratique est la négation de leur individualité, l’aliénation béate et irresponsable de leur liberté intime, le viol de leur esprit.

Respecter les hommes c’est reconnaître leurs tares comme leurs vertus, c’est les considérer non sous l’angle unique de la froide droiture républicaine mais sous l’oeil critique, partial et chaleureusement humain du bel esprit qui juge, jauge, compare, sélectionne, discrimine, bref qui les examine non pas selon des critères imbécilement égalitaires mais au cas par cas selon le niveau de conscience et les mérites de chacun.

La vraie richesse du monde n’est pas dans sa standardisation mais dans ses aspérités.


VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/22d550caeb2e2e098e4504841efed036/

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vendredi 10 janvier 2014

1034 - Michel Montagne

Le personnage le plus marquant de mon enfance passée dans le village de Warloy-Baillon, après le fameux docteur Maurice Mathis, fut un extravagant tambour superbement nommé “Michel Montagne”.

Un Everest d’outrances, de drôleries, de grotesque et de comédie humaine à lui seul.

Ce qui au premier abord caractérisait ce zèbre se résumait à une pincée de poudre.

En effet, cet oiseau rare prisait. Chose, il est vrai, peu usuelle mais en soi assez anodine, pensera-t-on...

Sauf que sa façon de porter le tabac à sa narine était si étonnante, si répugnante et si comique à la fois que chacune de ses inhalations était un véritable spectacle, certes répétitif, mais dont nul ne se lassait. Le voir se bourrer les orifices nasaux avec sa mauvaise herbe était un enchantement pour adultes et enfants, entre franc amusement et délicieux écoeurement.

Un pervers ravissement produit par ce curieux mélange de dégoût et de curiosité pour ce rituel simiesque que nous attendions avec avidité dans la famille.

Il plaçait d’abord une pointe de tabac sur son pouce. Puis dans un geste précis et fulgurant -mais réellement fulgurant- et dans une profonde inspiration il le projetait en direction d’une première narine.

Et là, frénétiquement, dès que le pouce chargé de tabac touchait l’ouverture nasale, à petits coups vifs et répétés, toujours à l’aide du pouce, il se mettait à le fourrer frénétiquement de sorte que la prise y pénétrât de force en dépit de la loi de la gravité car durant cette méticuleuse et foudroyante opération le tabac avait une fâcheuse tendance à retomber... Et aussitôt la dose tabagique logée dans l’organe, il répétait l’immonde cérémonial afin de combler la seconde narine.

Bref, le fait de priser sept à huit fois par heure s’accompagnait systématiquement de la chute d’une partie du tabac sur sa veste.

Si bien qu’en permanence il arborait un paletot maculé d’une accumulation de tabac ayant chu de son nez depuis des semaines... Voire des mois. Cette innommable langue brune et odoriférante barrant verticalement sa veste, partant du col et s’amenuisant vers le nombril, était indissociable de cet arlequin à la personnalité des plus singulières.

Mythomane sans talent mais hautement comique, nous faisions semblant de croire aux plus saugrenues de ses sornettes, aux plus savantes de ses fables, aux plus improbables de ses inventions et cela l’agréait au plus haut point, jubilant avec grande expansion, sans dissimuler le moins du monde son immense satisfaction de se croire cru, avec force rires et frottements de mains !

Il se voulait charmeur, flatteur, spirituel, il était clownesque. Il se croyait fin manipulateur, c’était lui la marionnette. Nous avions plaisir à le voir se réjouir à un point suprême en croyant nous berner. C’était à la fois cruel et aimable, odieux et puéril, plein de cynisme et de bienveillance, aussi bien de son côté que du nôtre.

Il avait des prétentions professionnelles hors de ses capacités intellectuelles, nous inventait un sort princier, un passé héroïque auprès des plus illustres acteurs de l’Histoire contemporaine, une femme de pouvoir, des enfants sortis de grandes écoles, un château à entretenir, des fréquentations dans les hautes sphères sociales, alors qu’il n’était qu’un pauvre hère, plus précisément un pensionnaire de l’hospice du village.

En prêtant une oreille charitable (et malicieuse mais sans lui montrer) à ses contes nous lui rendions service. A travers l’attention que nous les IZARRA accordions à ce phénomène, il pouvait donner corps à ses folies de grandeur. Nous étions tout à son écoute, divertis par ses histoires rocambolesques ponctuées par ses rituelles projections de tabac dans le nez et lui était heureux de se savoir pris au sérieux par le médecin du village et toute sa famille...

Devenu vieux, le volatile s’est définitivement envolé. Et en cette contrée sans retour, ultime et mystérieuse où notre homme est parti, ses rêves terrestres si souvent racontés sous le toit familial se sont peut-être réalisés sous je ne sais quelle forme subtile et extraordinaire...

Je ne vous oublierai jamais, sacré Michel Montagne, vous qui avez semé ces délectables graines d’orties blanches dans ma claire enfance.

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mercredi 8 janvier 2014

1033 - Des tranchées jusqu'au"mariage pour tous"

Je n’aime ni glorifier les guerres ni déifier ceux qui les font, qu’ils soient perdants ou vainqueurs, coupables ou victimes, méprisables ou héroïques.

Je ne voue aucun culte martial et suis plus prompt à dénoncer les méfaits de la guerre qu'à glorifier leurs ignobles artifices.

Je trouve tristes et lamentables les monuments aux morts.

Cependant, voyez-vous, je prends le temps d’aller y lire les noms des soldats de la “14” sur les places de nos villages. Et je m’attarde plus volontiers sur les listes des morts gravées sur les plaques commémoratives se ternissant dans le silence des églises et l’indifférence du monde moderne.

Car même si je méprise les conflits et leurs complices humbles ou puissants qui de gré ou de force y participent, il y a des choses que je respecte et devant lesquelles je préfère me recueillir en laissant de côté mes combats intérieurs : des souffrances révolues, dans des batailles perdues ou gagnées peu importe, événements essentiels qui je crois méritent des prières au lieu d’outrages, que ce soit ici chez nous en France ou là-bas chez ceux qui furent nos ennemis, sur Terre où brille le soleil comme partout ailleurs s’il le fallait.

Je m’attarde sur chaque prénom. Emile... Auguste... Octave... Firmin... Des prénoms désuets d’un siècle révolu, d’un autre monde que le nôtre mais de la même humanité pourtant. Des hommes qui grandirent en pleine lumière, à vingt ans s’enflammèrent pour un premier amour, pour certains pleurèrent de l’avoir bientôt perdu, puis la guerre venant, tremblèrent sous la mitraille, espérèrent sous les étoiles, enfin tombèrent.

Avec pour pensée ultime le visage de l’aimée. Alors le mot final de ces pauvres soldats n’était qu’un cri d’amour. Parfois des jurons signaient leur dernier souffle, à l’image de la guerre : baroque, absurde, exaltante, hideuse. Beaucoup appelaient leur mère car ils étaient encore jeunes ces Eugène, ces Emile, ces Octave...

Ou bien s’éteignirent en silence avec d’autres secrets dans le coeur, nul ne saura lesquels.

Et moi en me figurant tout cela face à ces plaques commémoratives gisant dans la pénombre des églises dont j’égrène les noms, je songe à ces élus mariant des homosexuels dans leur mairie et je me demande si devant les noms de ces morts de la Grande Guerre, devant ces Octave, devant ces Emile, devant ces Eugène tués il y a certes un siècle de temps mais pourtant si proches dans nos mémoires, ils oseraient encore unir deux hommes, là, sans déshonneur, sans éprouver de culpabilité, sans ressentir de malaise, la tête haute, le regard franc, le front droit...

Et je pleure. Et je prononce en silence les noms de ces Auguste, de ces Octave de ces Louis, de ces Firmin, de ces Ernest, de tous ces soldats perforés par le fer des obus, ensevelis dans les tranchées, ces noms démodés qui trônent dans la poussière du fond des églises, sur les places des villages, dans les salles de mairies enfin, ces noms gravés que pas un maire ayant légalisé des mariages homosexuels n’a pu, secrètement rongé par la honte j’en suis persuadé, braver d’un seul regard.

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samedi 4 janvier 2014

1032 - L'amour c'est la raison

Il y a un grand malentendu au sujet de l’amour.

L’amour véritable n’est pas logé dans le coeur mais dans la tête. Trop systématiquement on confond passion amoureuse, amourette, attirance charnelle, conjugalité, affection ou même simple attachement avec AMOUR.

Lequel n’est pas folie mais sagesse, non flamme ardente mais onde paisible, pas plus douceur mais âpreté, voire dureté.

Les sentiments, c’est à dire ce qui fait battre cette chose grotesque dans la poitrine, n’ont rien à voir avec le grand amour car l’Amour avec un grand A est renoncement, esprit de sacrifice, altruisme, compassion.

Dans un couple, rien de tout cela. La relation hyménéale est par nature intérêt, égoïsme, recherche de satisfactions et non d’élévation, stratégie relationnelle à but génératif (voire exclusivement récréatif) mais non pas pur détachement comme beaucoup de naïfs sentimentalistes le croient.

Dans ces conditions prétendre vouloir “faire le bonheur de l’autre” est un mensonge. En réalité au sein du couple c’est son bonheur à soi que l’on poursuit avant tout, sous prétexte de faire celui de l’aimé(e).

Impératifs naturels, appétits constitutionnels, accords génétiques, alchimie psychologique, humeurs combinées ne font pas l’AMOUR car les feux de l’hymen ressortent du domaine strictement animal. Les affres et emportements du coeur épris n’ont, dans ce contexte, aucune valeur sur le plan spirituel.

Ce que la plupart des gens appellent "l'AMOUR" n'est que vulgaire conjugalité et besoins affectifs, simples instincts sacralisés par le cinéma populaire et la littérature romantique. Le vrai amour est ALTRUISME, pas conjugalité.

Une épouse n’acceptera jamais que son mari aille voir d’autres femmes sous prétexte que, selon lui, cela serait la condition de l’accroissement de son bien-être intime... De même, un homme fera tout pour retenir sa femme si celle-ci souhaite le quitter en invoquant son épanouissement individuel...

Bref, sous excuse servir les désirs d’évasion de son conjoint, nul n’aspirera à la solitude.

Au contraire l’époux et l’épouse feront tout pour conserver le lien exclusif, privilégié et interdépendant avec leur moitié.

Preuves que la flamme matrimoniale n’est pas désintéressement, grandeur d’âme ou noblesse des intentions mais simple instinct génésique, c’est à dire soif de plénitude personnelle.
C’est dire qu’ici nous sommes loin, très loin de la définition fondamentale, magistrale, essentielle de l’amour...

Il y a eu tromperie sur les termes.

En effet, on a appelé “amour” ce qui aurait dû être plus exactement défini comme SENTIMENTS, AFFECTION, ATTIRANCE, PASSION CONJUGALE, ÉMOTION, SENSIBILITÉ...

L‘amour authentique est beaucoup plus glacial et moins tendre que ces fadaises romantiques. Le vrai amour est calcul posé, réflexion divine, quête de la vérité et non pas dérèglements des pensées, troubles sensuels et fol emballement sentimental.

Venons-en au réel amour.

Il fait agir contre ses propres avantages, n’est au service que du bien, du bon, du beau, du juste, du vrai. L’amour n’a qu’un culte : la raison. C’est par le raisonnement rigide que l’esprit progresse, non par les méandres miasmeux et polluants larmoiements de l’infect affect.

Prenons un exemple. Parce que ma volonté est de faire ce qui bien, juste, bon, beau, divin, et par conséquent raisonnable, dans une situation donnée je vais donc me faire violence et aller contre mes intérêts, mes pulsions, mes instincts ou mouvements d’humeur et agir avec AMOUR c’est à dire avec ABNÉGATION.

Agir avec amour signifie agir non pas selon ses choix ou affinités personnels, mais selon les nécessités dictées par la vérité, cette vérité qui ne dépend nullement de soi. Si je sais que ce qui est juste c’est de faire ce qui va à l’encontre de mes envies, de mes plaisirs, de mon bien-être personnels, et que j’agis effectivement selon ce critère pour le profit d’autrui, alors je peux dire que c’est cela l’amour.

C’est à dire, la raison inconditionnellement orientée vers le bien de soi et des autres. Je veux parler bien entendu d’évolution des âmes et non de gains au LOTO ou de multiplication de plaisirs aliénants...

Quant à la tendresse, là encore il y a méprise. La tendresse telle qu’on la définie ordinairement n’est pas une marque d’amour mais un signe de banale affection. La tendresse en vérité ce ne sont pas des caresses ou des mots doux mais de froides opérations de la pensée menant à des actes justes. Des strictes actions inspirées par la raison qui commande l’amélioration des êtres et du monde, même si c’est au prix de peines préalables. Les vues de l’amour ne sont pas brèves mais de très longue portée. C’est pourquoi il déçoit souvent les attentes immédiates car il voit loin.

La tendresse à l‘égard de l’Humanité, c’est le désir de son ascension.

Les esprits mesquins prennent souvent la faiblesse pour de l’amitié. Pour eux l’amour se réduit à du confort intérieur, au quotidien. Ils croient que la mollesse est signe de respect, d’attention, de bienveillance et ne voient pas que la gifle est parfois salutaire, nécessaire, rédemptrice.

Par définition l’amour est angélique, autrement dit exigeant, désincarné, serein, volontaire et totalement dénué du moindre sentiment. L’amour ne cherche pas à combler des désirs vulgaires mais à élever les consciences. Il est bleu et non rouge.

Et surtout, tout comme la raison, il est froidement calculateur.

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vendredi 3 janvier 2014

1031 - Des mots pour la bière

La bière et sa tempête de houblons fait pleuvoir des clés à molette tournant dans ma tête étourdie de trompettes faisant trempette dans mon verre.

Des tourbillons de papillons bourrés d’étincelles enflamment mes papilles quand dans mon gosier d’osier je verse une averse d’abeilles dorées.

La bière est une pierre. Précieuse. Aqueuse.

Délicieuse.

La bière ce n’est pas qu’un verre à voir, c’est aussi un vers à pieds. Certains en font douze de haut. Quant à le boire... C’est une histoire à portée de toutes les foires.

La bière est une prière odieuse. Pardon, une prière aux dieux. Aux dieux bas-du-cul.

La bière ça fait passer le temps, pousser des pensées, pisser de la lumière.

Et ralentir le passé.

Pousser des pensées et ralentir le passé ? Pas toujours. Parfois ça fait ployer les pensées et éventer le passé. Ou plutôt, panser des pensées et troubler des idées.

La bière et ses lampes de fête donne des nageoires à ceux qui ont brûlé leurs ailes et des boulons aux perdants à sonnette.

On est heureux comme un flacon dans son local quand on ouvre les vannes vers les étoiles grâce à une bonne bouteille !

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