mardi 10 janvier 2017

DANS LA LUMIÉRE

(A la personne qui se reconnaîtra)

Je ne suis nullement indifférent à ton sort, je suis juste dépassé par la situation que, plus ou moins, tu m'imposes. L’apparence de l’indifférence doit être, je suppose, un moyen de défense naturel de l’esprit qui se sent envahi par des vagues incontrôlables.

Je ne veux que ton bien, je veux que tu sois heureuse, sereine, pleine de joie comme je le suis moi, plein de joie naturelle, innée, mais aussi plein de joie de savoir que la vie est belle, magnifique.

Cesse de maudire ton sort, de maudire mes réactions qui ne te conviennent pas, de maudire tes jours de tristesse et sache recevoir la lumière de la Création au lieu de courir après des chimères.

Je suis là, je ne te hais pas, je vis ma vie sans te rejeter, mais toi tu dois faire l’effort de recevoir les grâces de l’existence sans la maudire. Même si tu ne reçois que des miettes de cet or, sache l’apprécier au lieu de regretter de n’en avoir pas plus.

Je ne te rejette pas, mais je m’éloigne de toi si tu es ténébreuse et que je suis solaire, si tu es terne et que je suis éclatant, si tu es sombre et que je suis radieux.

Tu as un fils, tu as un mari et en plus tu as croisé une étoile dans ta destinée. Tu devrais te réjouir de ces cadeaux au lieu d’en être malade aujourd’hui.

Je suis l’exemple du bonheur de vivre et de la légèreté, pourquoi ne m’imites-tu pas dans ce que j’ai de meilleur ? Je ne veux pas côtoyer la misère et la tristesse mais la lumière et l’allégresse. Je m’écarte naturellement de tout ce qui est sombre, noir, pesant, sinistre. Sois donc légère, lumineuse et virevoltante comme un oiseau plein de couleurs et de clartés !

Je ne dirai rien de plus, je refuse d’être profond et lourd, solennel et compassé, grave et austère. Par nature je suis un azur et une onde mêlés, c’est à dire un arc-en-ciel, par conséquent je ne peux que désirer monter vers les astres, non m’enfouir sous terre.

Tes pleurs ne me feront pas descendre, tandis que tes rires me feront grimper encore plus haut. La tristesse, la déprime ne m’attirent pas. Face à la misère sur laquelle je n'ai aucun pouvoir, je regarde les nuages et cela me donne le pouvoir réel de ne pas ajouter de la misère à la misère mais de la fuir.

Je ne suis guère l’ami de la souffrance. Mes frères, c’est le peuple des ailés, des joyeux, des légers, des gens qui brillent.

Que les suicidaires se suicident, que les tristes restent dans leur cercueil de morosité, que les amoureux des ténèbres chantent leurs malheurs...Mais qu’ils laissent les papillons s’envoler.

J’appartiens à la belle espèce des gens heureux, si tu veux me suivre tu devras quitter ton manteau d’épines trempé de larmes et colorer ton âme de bleu. 

Raphaël Zacharie de IZARRA